« Heureux, les pauvres… Malheur à vous, les riches… »
La Parole de Dieu qui nous est proposée ce dimanche nous parle d’options, de choix justes pour construire une vie qui a du sens. D’un côté, il y a le chemin que Dieu propose ; de l’autre côté se trouve le chemin que nous montre la logique des hommes. Le chemin que Dieu nous indique semble être un chemin « improbable » et nous oblige souvent à naviguer à contre-courant ; mais c’est, sans aucun doute, le chemin qui nous conduit à la vraie vie.
Nous avons d’abord le prophète Jérémie qui nous invite à mettre toute notre confiance en Dieu. Dans la première lecture il confronte l’autosuffisance de ceux qui se passent de Dieu et choisissent de vivre en marge de Ses propositions, à l’attitude de ceux qui choisissent de faire confiance à Dieu et de se confier entre ses mains. Il dénonce le mensonge de l’homme qui exalte l’individu et lui faire croire qu’il se suffit à lui-même. La seule sagesse valable est de tout miser sur Dieu, de le laisser orienter nos comportements et ainsi de nous donner les clefs du bonheur terrestre et éternel.
« Maudit l’homme qui met sa foi dans un mortel… ». « Beni soit l’homme que met sa foi dans le Seigneur, dont le Seigneur est la confiance. Il sera comme un arbre, planté près des eaux, qui pousse, vers le courant, ses racines. »
L’Evangile proclame « heureux » ceux qui construisent leur vie à la lumière des valeurs proposées par Dieu et malheureux ceux qui préfèrent l’égoïsme, l’orgueil et l’autosuffisance. Il suggère que les favoris de Dieu sont ceux qui vivent dans la simplicité, l’humilité et la faiblesse, même si, à la lumière des critères du monde, ils sont malheureux, marginaux, incapables de faire entendre leur voix devant le trône des puissants qui président aux destinations du monde.
Heureux si nous nous sentons pauvres. Notre incapacité est notre richesse. Si nous l’embrassons vraiment, cela nous garde toujours ouverts, prêts à recevoir.
Heureux ceux qui meurent de faim et pleurent. Dieu les accueillera dans son sein, comme un Père aimant.
Heureux quand tu vis en paix, au milieu de la haine, du mensonge, de la diffamation… Si tu les endures avec dévouement, héroïquement, rendant le bien au mal, tu recevras, comme fruit, le don total de la libération intérieure.
Mais malheur à ceux qui ne se rendent pas compte que la richesse est un confort éphémère, et que la nourriture ne nous satisfait jamais complètement. La notoriété ne nous soutient qu’un instant. Mais l’humilité est un soutien permanent.
Avoir un cœur de pauvre c’est être tout petit et s’émerveiller comme savent le faire les enfants ou certaines personnes âgées, c’est accueillir les petites joies de la vie sans honte ni scrupule, et traverser les épreuves de même.
Jésus nous offre son Royaume, bien plus il nous affirme qu’il est là, au milieu de nous en sa Personne, et même au-dedans de nous par son Esprit.
La seconde lecture, parlant de notre résurrection – conséquence de la résurrection du Christ – suggère que notre vie ne peut être lue exclusivement à la lumière des critères de ce monde : elle prend son sens plein et total lorsque, par la résurrection, nous fleurissons dans l’homme Nouveau. Maintenant, cela n’arrivera que si nous ne nous conformons pas à la logique de ce monde, mais dirigeons notre existence vers Dieu et vers la vie pleine qu’Il a pour nous.
Seigneur, fais-nous rechercher cette pauvreté qui donne le bonheur, et fais-nous travailler pour que tout le monde la découvre.