Homélie du dimanche 12 avril (divine miséricorde)

(Dimanche de la divine miséricorde)

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu »

La liturgie de ce dimanche nous présente la communauté des Hommes Nouveaux qui est née de la Croix et de la Résurrection de Jésus : l’Église. Sa mission est de révéler aux hommes la vie nouvelle qui jaillit de la Résurrection.

En première lecture nous avons, dans la « photographie » de la communauté chrétienne de Jérusalem, les traits de la communauté idéale : c’est une communauté fraternelle, soucieuse de connaître Jésus et sa proposition de salut, qui se rassemble pour louer son Seigneur dans la prière et dans l’Eucharistie, qui vit dans le partage, le don et le service et qui témoigne – par des gestes concrets – du salut que Jésus est venu proposer à toute l’humanité.

Dans l’Evangile, l’idée qui ressort c’est que Jésus vivant et ressuscité est le centre de la communauté chrétienne. Le texte proposé est divisé en deux parties bien distinctes.

Dans la première partie, une « apparition » de Jésus aux disciples est décrite. Après avoir évoqué la situation d’insécurité et de fragilité dans laquelle se trouvait la communauté (le « crépuscule », les « portes closes », la « peur »), saint Jean présente Jésus « au centre » de la communauté. En apparaissant « parmi eux », Jésus s’assume comme un point de référence, un facteur d’unité, une vigne autour de laquelle les sarments se greffent. La communauté est rassemblée autour de lui, car il est le centre où chacun va boire cette vie qui lui permet de surmonter la « peur » et l’hostilité du monde.

A cette communauté fermée, craintive, plongée dans les ténèbres d’un monde hostile, Jésus transmet la paix de deux manières : il est le « shalom » hébreu, au sens d’harmonie, de sérénité, de tranquillité, de confiance, de plénitude de vie. Ainsi, les disciples sont assurés que Jésus a vaincu ce qui les effrayait (la mort, l’oppression, l’hostilité du monde) ; et que désormais les disciples n’ont plus aucune raison d’avoir peur.

Dans la deuxième partie, une catéchèse sur la foi est présentée. Comment parvient-on à croire au Christ ressuscité ?

Jean répond : nous pouvons faire l’expérience de la foi dans le Christ vivant et ressuscité dans la communauté des croyants, qui est le lieu naturel où l’amour de Jésus se manifeste et rayonne. Thomas représente ceux qui vivent renfermés sur eux-mêmes (il est dehors) et qui ne prêtent pas attention au témoignage de la communauté, ni ne perçoivent les signes de vie nouvelle qui s’y manifestent. Au lieu de se joindre et de participer à la même expérience, il veut obtenir (uniquement pour lui-même) une démonstration privée de Dieu.

Thomas finit cependant par vivre l’expérience du Christ vivant au sein de la communauté. Pourquoi ? Parce que le « jour du Seigneur », il revient avec sa communauté. C’est une claire allusion au dimanche, jour où la communauté est convoquée pour célébrer l’Eucharistie : c’est dans la rencontre avec l’amour fraternel, avec le pardon des frères, avec la Parole proclamée, avec le pain rompu de Jésus, que l’on découvre Jésus ressuscité.

L’expérience de Thomas n’est pas unique aux premiers témoins ; tous les chrétiens de tous les temps peuvent vivre cette même expérience.

La deuxième lecture rappelle aux membres de la communauté chrétienne que l’identification de chaque croyant avec le Christ conduira à la résurrection. Pour cette raison, les croyants sont invités à traverser la vie avec espérance (malgré les difficultés, les souffrances et l’hostilité du « monde »), les yeux fixés sur cet horizon où se dessine le salut définitif. Elle nous invite à louer Dieu qui, “dans sa grande miséricorde… nous a fait renaître grâce à la résurrection de Jésus pour une vivante espérance”.

Seul l’AMOUR surmonte toutes les peurs et toutes les lâchetés et fait de nous de nouvelles créatures.

13 avril 2026