Homélie du dimanche 26 avril

JÉSUS EST LE BON BERGER DE TOUTE L’HUMANITÉ
La journée mondiale de prière pour les vocations
Le quatrième dimanche de Pâques est considéré comme le « Dimanche du Bon Berger », car chaque année, la liturgie propose un passage du chapitre 10 de l’Évangile selon Saint Jean, où Jésus est présenté comme le « Bon Berger ». Cette image évoque la proximité, l’attention, la tendresse, la confiance, la sécurité, la paix, la vie en abondance… Il est bon de pouvoir confier sa vie à un tel « Berger ».
La comparaison faite par Jésus était facile à comprendre pour les gens de son temps. Pour un peuple nomade en route vers la Terre promise, leurs plus grands chefs étaient des bergers : Abraham et ses troupeaux, Moïse, berger dans le désert qui reçoit la révélation du buisson ardent, David gardant les brebis de son père à Bethléem…
Dans l’Orient ancien, le berger n’était pas une figure romantique comme nous l’imaginons aujourd’hui. C’était un homme courageux, sachant défendre ses brebis contre les bêtes sauvages et les voleurs.
Au premier siècle, dans le judaïsme, les bergers, socialement inférieurs, vivaient en marge de la société et étaient considérés comme impurs sur le plan religieux. Lorsque Jésus se déclare « le Bon Berger », il choque ses contemporains.
Pour Jésus, le Bon Berger est celui qui donne la vie et permet à ceux qui lui sont confiés de « vivre pleinement ». Donner la vie, c’est aimer chacune de ses brebis d’une affection particulière, même sans qu’elles le sachent et sans qu’elles le lui rendent.
Dans son Évangile, Saint Jean souligne l’individualité de chaque personne et l’importance que nous avons aux yeux de Dieu. « Je suis le bon berger. Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. » Quand une personne compte pour nous, nous connaissons son nom, qu’il s’agisse de notre famille, de nos amis, de nos collègues ou de toute personne de notre entourage. Connaître une personne nous permet de l’aimer et de la respecter.
La haine, en revanche, détruit l’individualité, aliène, rabaisse et discrimine les individus, leur attribuant une étiquette négative. Il devient ainsi beaucoup plus facile de les combattre et de les éliminer. Les préjugés et la haine réduisent un groupe à une étiquette, une abstraction. Nous ne connaissons plus le nom des gens, ils n’ont plus de visage, nous ne savons plus qui ils sont. Un exemple extrême de ce comportement est apparu dans les camps d’extermination nazis sous Hitler. La Gestapo tatouait un numéro sur les bras des prisonniers juifs. Ils n’étaient plus des individus, mais des ennemis de l’État, sans visage, sans personnalité propre. Ils devenaient des prisonniers avec un numéro d’identification. Cela se produit encore aujourd’hui dans de nombreuses prisons et reste très présent dans notre société. Les chiffres et les catégories facilitent la haine, la torture et le meurtre (sous toutes ses formes).
Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus rejette ce déni de la personne. Il connaît ses brebis et les appelle par leur nom. Le Bon Berger est le Dieu des Juifs, des Samaritains, des musulmans, des hindous et des chrétiens : « J’ai d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie. » Le bon berger est celui qui prend soin de chacun, qui s’efforce de les connaître et de répondre à leurs besoins : Marie-Madeleine, Zachée, le Cananéen, le bon larron, le paralytique, la Samaritaine, le lépreux, Nicodème, l’aveugle de Jéricho, etc.

En ce dimanche du Bon Berger, nous sommes invités à suivre les pas du Seigneur, à être de bons bergers pour ceux qui nous entourent. Puissions-nous espérer, à la fin de notre vie, entendre ce qui a été dit du Christ : « Il a passé sa vie à faire le bien et à donner aux autres la vie en abondance. » Jésus, le « Bon Berger », nous montre le chemin qui mène à la vie. Si nous suivons ses conseils, nous ne serons pas des « brebis perdues ».

29 avril 2026