Homélie du dimanche 9 mars

NOUS SOMMES TOUS TENTÉS SUR LE CHEMIN
Au début du Carême, la Parole de Dieu nous appelle à repenser nos choix de vie et à prendre conscience de ces « tentations » qui nous empêchent de renaître à une nouvelle vie, à la vie de Dieu.
La première lecture nous présente une « confession de foi » que les Israélites ont faite lorsqu’ils ont présenté à Dieu les prémices de la terre. Reconnaissant l’action salvatrice et libératrice de Dieu dans leur vie, les croyants israélites ont affirmé leur foi et leur confiance inébranlable dans la puissance et l’amour de Dieu ; réalisant que tout ce qu’ils avaient venait de la générosité et de l’attention de Dieu, ils ont réalisé que seul Dieu est la source de la vie abondante.
L’une des tentations fréquentes dans la vie de l’homme moderne est de placer sa vie, son espoir et sa sécurité entre les mains de faux dieux. L’argent, le pouvoir, la réussite sociale ou professionnelle, la science ou la technologie, les partis politiques, les dirigeants et les idéologies, prennent souvent la place de Dieu dans nos vies. Quels sont les dieux devant lesquels le monde s’incline ? Quels sont les dieux qui empêchent si souvent Dieu d’occuper la première place dans ma vie ?
L’Évangile nous présente une catéchèse sur les choix de Jésus. Il suggère que Jésus a radicalement refusé une voie de matérialisme, de puissance, de réussite facile, car le plan de Dieu n’était pas l’égoïsme, mais le partage ; ce n’était pas de l’autoritarisme, mais le service ; ce ne sont pas des manifestations spectaculaires qui ont impressionné les masses, mais une proposition de vie pleine, présentée avec simplicité et amour. C’est bien sûr ce chemin qui est proposé à ceux qui suivent Jésus.
L’évangiliste nous présente trois moments du dialogue de Jésus avec le diable. Le premier moment suggère que Jésus aurait pu choisir un chemin de facilité et de richesse, utilisant sa divinité pour résoudre n’importe quel besoin matériel… Cependant, Jésus savait que « l’homme ne vit pas seulement de pain » et que le chemin du Père ne passe pas par l’accumulation égoïste de biens. La réponse de Jésus cite Dt 8:3, suggérant que sa nourriture – sa priorité – est la Parole du Père. Une vie facile nous attire, mais elle ne satisfait pas. Quand la vie devient lourde, nous voudrions que même les pierres deviennent du pain.
Le deuxième moment suggère que Jésus aurait pu choisir une voie de puissance, de domination, d’arrogance, à la manière des grands de la terre. Cependant, Jésus sait que ces stratagèmes sont diaboliques et qu’ils n’entrent pas dans les desseins du Père ; donc, citant Dt 6, 13, il dit que seul le Père est son « absolu » et que rien d’autre ne doit être adoré : adorer la puissance qui corrompt et asservit n’a rien à voir avec le dessein de Dieu. Ce n’est pas le diable mais la Croix qui donne à Jésus tous les royaumes de la terre.
Le troisième moment suggère que Jésus aurait pu construire un chemin de succès facile, montrant sa puissance à travers des gestes spectaculaires et étant admiré et acclamé par les foules (toujours prêt à être fasciné par le "show" médiatique des super-héros). Jésus répond à cette proposition en citant Dt 6,16, qui commande de « ne pas tenter » le Seigneur Dieu : ici, « tenter » signifie « ne pas utiliser les dons de Dieu ou la bonté de Dieu à des fins égoïstes et intéressées ». Ce n’est pas la même chose de servir Dieu et de se servir de Dieu. S’abandonner entre Ses mains, c’est ressentir une pleine confiance, face à tout le vide de notre intérieur.
Ainsi, devant Jésus, deux voies se présentent. D’un côté, il y a la proposition du diable : que Jésus remplisse son rôle dans l’histoire du salut en tant que Messie triomphant, à la manière des hommes. De l’autre, il y a le choix de Jésus : un chemin d’obéissance au Père et de service aux hommes, qui élimine toute conception du messianisme comme pouvoir.
Face à face aujourd’hui se trouvent la logique de Dieu et la logique des hommes. La vie est pleine d’opportunités. Choisir, à chaque instant, est notre danger ou notre grandeur. La catéchèse que nous présente l’Evangile en ce premier dimanche de Carême enseigne que Jésus a guidé chacun de ses choix par la logique de Dieu. Et nous chrétiens, disciples de Jésus ? Est-ce aussi notre logique ?
La deuxième lecture nous dit que le salut nous est donné par Jésus. Quiconque croit en Jésus et accepte la proposition de vie qu’il apporte sera sauvé. Ceux qui acceptent la proposition de Jésus deviennent membres d’une famille où « il n’y a pas de différence entre Juif et Grec », car « tous ont le même Seigneur, qui est riche pour tous ceux qui l’invoquent ».
Seigneur, fais que, surmontant les TENTATIONS quotidiennes, nous avancions, à pas sûrs, vers l’Amour pascal !

10 mars 2025