REVENEZ À MOI”
“CONVERTISSEZ-VOUS ET CROYEZ À LA BONNE NOUVELLE »
Le Carême, en tant que période de préparation à la fête de Pâques, remonte au 4e siècle et fut institué pour répondre à deux objectifs : (1) préparer les aspirants au christianisme à la réception du sacrement du baptême, (2) permettre aux chrétiens de renouveler la ferveur de leur propre engagement chrétien.
Le carême est pour chacun et chacune d’entre nous l’occasion de renouveler notre engagement chrétien en alimentant notre foi à la parole de Dieu et en nous rappelant que « nous ne vivons pas seulement de pain ». Pendant ces quarante jours, le Christ nous invite à nous joindre à Sa « révolution », une révolution intérieure qui commence d’abord en chacun et chacune de nous.
L’essentiel de ce processus de conversion est de nous attacher à la personne du Christ. Une fois ce lien établi, nous pouvons plus facilement lutter contre le mal.
Pendant ce temps de préparation à la fête de Pâques, l’Église nous propose trois moyens pour raviver la flamme de notre engagement chrétien : l’aumône, le jeûne et la prière. L’aumône comme sens de notre détachement des biens de ce monde, qui nous conduit à éteindre l’avarice. L’aumône qui fait bouger nos poches et nous rend plus ouverts aux autres, nous apprend à partager. Le jeûne comme abstinence de nourriture et de boissons, ou même de dépendance comme la cigarette. Un jeûne si important, rappelant l’avertissement de Jésus : « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». La prière couronne l’aumône et le jeûne : la prière avec le cœur. Notre prière doit partir du cœur et être suivie à tout moment par le cœur, c’est-à-dire par tout notre être.
La Première Lecture nous invite à « déchirer nos cœurs, pas seulement nos vêtements ». Ce passage est une exhortation à la pénitence, au jeûne et à la supplication. Bien sûr, cet appel fonctionnera toujours lorsque nous nous ouvrirons à cette triple motivation du temps de Carême. Pénitence, signifie étymologiquement retour.
Joël est un prêtre-prophète, qui vit au Temple après l’exil. Fidèle au service de la Maison de Dieu, il exhorte le peuple, qui connaît une grave famine causée par une invasion de sauterelles, à la prière et à la conversion. Le culte lui-même, dans le temple, avait cessé, comme chez nous pendant le temps de confinement dû à la pandémie de coronavirus. Le peuple qui avait tourné le dos à Dieu, qui avait perdu l’habitude d’aller au temple, devait à nouveau Lui ouvrir le cœur et reprendre le culte au temple, un culte authentique qui manifestait une conversion intérieure. Les gens peuvent retourner à Dieu, parce qu’il est miséricordieux. « Convertissez-vous », crie le prophète.
La deuxième lecture dit que le temps du Carême est « le temps propice » pour la conversion et le changement de vie. Passionné par le « ministère apostolique de la réconciliation », Paul exhorte les Corinthiens à profiter de la réconciliation offerte par le Christ, qui a pris notre péché, et à ne pas laisser passer l’occasion, car c’est maintenant le moment de se convertir.
« Réconciliez-vous avec Dieu », tel est l’appel de saint Paul. La réconciliation est possible parce que telle est la volonté du Père, manifestée dans l’œuvre rédemptrice du Fils et dans la puissance de l’Esprit qui soutient le service des apôtres.
Jésus, dans l’Évangile, nous montre quelle doit être notre attitude lorsque nous pratiquons des œuvres de pénitence (telles que l’aumône, la prière, le jeûne), et insiste sur la Justice intérieure, garantie par l’intimité avec le Père. Jésus a agi ainsi. Il n’a rien fait pour être admiré des hommes. Nous pouvons être tentés de faire le bien pour gagner l’admiration des autres. Mais cette attitude, d’une part, nous enferme sur nous-mêmes, d’autre part, nous projette hors de nous-mêmes, nous rendant dépendants de l’avis des autres.
Il y a donc à faire le bien parce que c’est bien, et parce que Dieu est Dieu, et qu’il nous donne la possibilité de vivre dans l’intimité et la solidarité avec Lui, pour le bien de nos frères et sœurs. Être rempli de Dieu, vivre en sa présence, est la plus grande joie de ce monde, et cela nous garantit cette même situation, portée à la perfection, dans l’autre.
Nous devons toujours approfondir notre option pour Dieu. A partir de l’aumône, du jeûne et de la prière, nous allons faire de notre vie ce que nous demande la prière du recueil d’aujourd’hui : rendre notre vie conforme à celle du Christ.
Nous allons maintenant recevoir les cendres sur notre tête. Ce n’est certainement pas facile d’accepter d’être cendres. Les cendres sur la tête doivent éveiller en nous la conscience que nous venons tous de la poussière. La reconnaissance de cette humble condition humaine nous unifie et brise toute prétention de pouvoir, de vanité et de mépris d’autrui. Que de nouveaux êtres humains, plus solidaires, renaissent de ces cendres !
Que Dieu nous aide afin qu’à la fin des exercices du Carême, avec l’aide de l’aumône et du jeûne, nous puissions bien vivre la prière, marcher pour vivre intensément la résurrection du Christ qui illumine notre vie chrétienne. Amen !
Homélie du mercredi des Cendres 5 mars

10 mars 2025