“CHAQUE ARBRE SE RECONNAÎT À SON FRUIT”
Le chemin n’est pas toujours clair tout au long du voyage de la vie. Tout au long du chemin, nous recevons des indications, des suggestions, des orientations, des propositions. Comment distinguer les bonnes des mauvaises indications, celles qui nous donnent les bons indices et celles qui nous mènent dans des impasses ? Est-ce que tous ceux qui se présentent comme des « guides » méritent notre confiance ? La Parole de Dieu que nous propose la liturgie de ce dimanche nous invite à réfléchir sur ce point.
La première lecture nous offre un conseil très pratique mais aussi très sage : ne jugeons pas les gens sur leur première impression, sur la manière dont ils se présentent ou sur les attitudes plus ou moins exubérantes qu’ils affichent : laissons-les parler, écoutons ce qu’ils disent, car les mots révèlent, tôt ou tard, la vérité ou le mensonge qui se trouve dans chaque cœur.
Dans l’Évangile, Jésus met en garde ses disciples contre les « guides aveugles », arrogants et autoritaires, assoiffés de prestige, dont l’intérêt réside dans leurs projets personnels et non dans le bien de leurs frères et sœurs. Les chemins qu’ils indiquent ne mènent pas à la vie. Les disciples sauront détecter ces « faux docteurs » par leurs actes et leurs paroles, qui finissent par révéler les intérêts indicibles qu’ils cachent dans leur cœur. Si les propositions qu’ils nous présentent ne correspondent pas aux propositions de Jésus, il ne faut pas écouter ces « guides ».
« Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne vont-ils pas tomber tous deux dans un trou ? – nous demande Jésus. Tous ceux qui se proposent de nous aider à discerner le chemin qui mène à la vie ne sont pas « aveugles » ; mais il y a toujours des gens qui s’érigent en « guides », en leaders, en « maîtres », qui nous montrent des chemins sans issue. Parfois, cela est dû à l’ignorance et au manque de préparation ; d’autres fois, c’est pour réaliser leurs projets personnels ; et parfois c’est pour profiter des autres. Lorsque nous nous laissons guider par de tels « guides » – qu’ils soient politiques, religieux ou d’opinion – qui prétendent nous dire quoi faire pour adapter notre comportement à la mode et aux coutumes actuelles, selon Jésus, le résultat le plus probable est que nous trébucherons, que nous serons gravement blessés et que nous n’arriverons à rien. Ils peuvent, avec leurs indications inadéquates, nous conduire à échouer complètement sur notre chemin. Connaissons-nous des « guides » comme celui-ci ? Sommes-nous prêts à placer notre vie, à la légère et de manière irresponsable, entre les mains de quelqu’un qui nous indique la mauvaise direction ?
En ce dimanche, nous sommes appelés par le Ben Sira le Sage et par Jésus lui-même à vérifier une chose extrêmement simple : Sommes-nous en cohérence avec nous-mêmes ? Savons-nous tenir notre langue lorsqu’il le faut, ou lui lâchons-nous la bride sur le cou, oublieux des effets désastreux sur les autres, même s’ils ne se voient pas immédiatement ? Car ce petit organe peut devenir bien destructeur si nous ne savons lui mettre un frein.
« Car la bouche dit ce qui déborde du cœur ». Dieu dit ce qui déborde de son cœur. Essayer de ressembler à Dieu, c’est remplir le cœur du désir de faire le bien, d’aider, de consoler… pour que la Vie déborde sur ceux qui en ont besoin.
La deuxième lecture nous amène à la conclusion d’une catéchèse de Saint Paul sur la résurrection des morts. « Ô Mort, où est ta victoire ? » L’apôtre nous exhorte à participer activement à l’œuvre de Dieu en vue de ce qui nous attend au-delà. Pourquoi ne pas commencer dès aujourd’hui ? Puissions-nous cultiver un terreau fertile afin d’allier un cœur bon et de bonnes paroles, des paroles bienveillantes, apaisantes. Puissions-nous opposer au démon de la langue la grâce de dire le bien.
Une introspection dérangeante mais salvifique qui occupera bien notre semaine et nous prépare pour le carême.
Homélie du dimanche 2 mars

10 mars 2025