Homélie du dimanche 28 décembre

LA SAINTE FAMILLE DE JÉSUS, MARIE ET JOSEPH

En ces jours de célébration de Noël, temps par excellence pour les réunions de famille et le renforcement des liens familiaux, l’Église nous invite à contempler la Famille de Jésus, Marie et Joseph. Que voyons-nous ? Quelles couleurs nous apparaissent cette image familiale ? Avant tout, les couleurs de l’unité, de la solidarité, de la fraternité et de la communion. La Famille de Nazareth n’est pas une famille « sans problèmes », où la vie ne « souffrit » pas et où tout est rose : c’est une famille persécutée et menacée, contrainte d’abandonner le confort de son foyer pour vivre cachée, confrontée à la pauvreté, au dénuement, à la précarité, et peut-être même à l’hostilité des habitants du pays où elle a cherché refuge… Pourtant, c’est une famille que les vicissitudes et les crises ne peuvent vaincre. Les membres de cette famille restent unis, solidaires, prêts à affronter ensemble les risques et les dangers, prêts à tout sacrifice lorsque la vie de l’un d’entre eux est en jeu. Ils ne vivent pas dans des compartiments étanches, à l’abri de la souffrance d’autrui ; ils ne se replient pas sur eux-mêmes, sourds et indifférents à ce qui se passe autour d’eux… Ils se sentent responsables de la vie des autres, ils sont prêts à donner la leur, ils s’aiment véritablement.

La Sainte Famille est une famille où Dieu est présent au quotidien et constitue un repère fondamental. On y entend la Parole de Dieu, on apprend à déchiffrer ses signes et on y fait l’expérience de son amour. C’est en écoutant la Parole de Dieu que la famille de Nazareth trouve la force de surmonter les crises et les épreuves ; c’est en écoutant Dieu que la famille de Jésus, Marie et Joseph discerne le chemin à suivre ; c’est dans l’expérience de Dieu que la Sainte Famille découvre et embrasse les valeurs qui sont à la base de son projet familial… La famille de Jésus, Marie et Joseph est aussi une famille qui obéit à Dieu… Après avoir écouté ses instructions, elle agit simplement en conséquence. Elle ne discute pas, ne demande pas d’explications supplémentaires, ne réclame pas de garanties. Elle a une confiance absolue en Dieu et est prête à accomplir ses desseins. Elle quitte sa zone de confort et affronte l’inconnu avec la confiance de celle qui est certaine de la fidélité de Dieu. Désormais, c’est précisément l’obéissance aux plans de Dieu qui assure à cette famille un avenir de vie, de tranquillité et de paix.

Quand Dieu a toute sa place dans une famille, ses valeurs deviennent, pour tous ses membres, les repères qui donnent sens à l’existence. L’espace familial devient alors l’école où l’on apprend l’amour, la solidarité, le partage, le service, le dialogue, le respect, le pardon, la fraternité universelle, le soin de la création, l’attention aux plus vulnérables, le sens de l’engagement, le sacrifice, l’abandon et le don de soi…

Nous vivons une époque difficile, qui ne favorise pas la construction d’un projet familial conforme aux valeurs de Dieu. Nombreux sont les parents, accablés par d’innombrables difficultés, accablés par une société marquée par l’égoïsme, le bien-être, l’indifférence et l’incrédulité, qui ne savent comment agir pour offrir à leurs enfants une éducation responsable, saine et bienveillante, conforme à la foi chrétienne. Ces parents peuvent trouver dans l’exemple de la Sainte Famille et dans le soutien de la communauté chrétienne la force et l’inspiration nécessaires pour éduquer leurs enfants de manière responsable.

La famille de Jésus a été contrainte de quitter sa terre natale pour chercher refuge et paix en terre étrangère. Elle à découvert le monde des exilés, des réfugiés, des sans-papiers, des persécutés, des rejetés, de ceux qui doivent se battre pour avoir un lieu où ils se sentent pleinement humains et où ils peuvent vivre dans la dignité qui leur est due. Vingt-et-un siècles plus tard, des familles continuent de suivre un chemin identique : elles traversent les mers dans des embarcations fragiles et surchargées et risquent leur vie pour tenter d’échapper à la misère, à la violence et à la faim. Ils parcourent les continents à pied, bravant la poussière des routes et la violence des mafias. Arrêtés par des murs qui définissent des frontières et les séparent du rêve d’une vie meilleure, ils connaissent les moindres recoins de la clandestinité, de la misère, du rejet et de la souffrance… Comment accueillir et traiter ces personnes qui frappent à nos portes et nous tendent la main ? Comme des frères et sœurs dont nous sommes responsables ? Sommes-nous conscients que fermer nos portes à ceux qui fuient la violence ou la misère, c’est fermer nos portes à Jésus, Marie et Joseph ?

Confions à Marie, Reine et Mère de la famille, toutes les familles du monde.

8 janvier 2026