“VOICI QUE LA VIERGE EST ENCEINTE”
En ce 4e dimanche de l’Avent, la liturgie nous propose deux récits de l’Annonciation ; nous avons tout d’abord celui de la 1re lecture : nous sommes au 4e siècle avant Jésus Christ ; la situation du peuple d’Israël est vraiment dramatique : il est menacé de partout par les armées étrangères. Face à ce danger, le jeune roi d’Israël n’a pas fait le bon choix. Il a abandonné le vrai Dieu pour se tourner vers les dieux païens et s’attirer leurs faveurs.
Mas ces dieux païens ne sont rien. C’est également vrai pour nous aujourd’hui. Nous pensons à ces dieux qui occupent une grande place dans notre vie et notre monde : ils s’appellent argent, richesses, recherche du profit, de la belle situation… Aujourd’hui, le prophète Isaïe invite le roi Acaz et chacun de nous à se tourner vers le seul vrai Dieu. C’est sur lui qu’il nous faut compter. En ce temps de l’Avent, nous sommes invités à retrouver le vrai sens de Noël. Il ne s’agit pas de courir après toujours plus de consommation mais d’accueillir Celui qui vient nous sauver.
Cette annonce de la venue du Sauveur, nous la retrouvons dans l’Évangile de ce dimanche : c’est le message de l’ange à Joseph ; Voici donc deux jeunes, entre quinze et vingt ans peut-être, qui ont fait ensemble le beau projet de devenir époux. Ils sont fiancés. Ils vivent ce temps du bonheur des fiançailles.
Or, voici que Dieu vient bousculer leurs projets. Joseph est bien évidemment éprouvé en découvrant la grossesse de sa fiancée. Tout son rêve de bonheur vole en éclats. Il est prêt à la répudier secrètement et à s’effacer sans bruit. Contre toute attente pourtant, Joseph prend chez lui son épouse et accueille, avec Marie, son enfant et son Dieu. C’est qu’il est un homme d’écoute ! Dans l’épreuve et les imprévus de la vie, il est de ceux qui cherchent à discerner la volonté de Dieu. Et ce dessein divin, c’est que c’est à lui, Joseph, qu’est demandé d’adopter cet enfant, de l’introduire dans la descendance de David, de permettre à Jésus de découvrir en Joseph l’icône du Père des cieux.
Aux heures déroutantes de nos vies, n’avons-nous pas, comme Joseph, à nous ajuster nous-mêmes au projet souvent déconcertant mais toujours bienveillant de notre Dieu, pour l’accueillir et lui donner un amour renouvelé, une foi plus forte ? À Joseph, l’ange a révélé deux titres mystérieux de l’Enfant Dieu qui ont illuminé sa nuit et lui ont rendu la paix. « Il s’appellera Jésus, c’est-à-dire "le seigneur sauve" » ; et puis on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui se traduit « Dieu avec nous ».
Accueillir Jésus, comme « Sauveur », c’est reconnaître qu’à Noël, comme tout au long de nos vies et de l’histoire, le Christ est là où il y a des hommes et des femmes à sauver. En dépit des apparences, des situations qui nous semblent sans issue, il nous faut oser croire qu’avec Jésus, on ne peut plus désespérer de soi ni de personne, car devant Dieu, il n’y a plus rien qui soit à jamais perdu. Notre Dieu ne cesse d’ouvrir à chacun un avenir.
Accueillir Jésus comme l’Emmanuel, « Dieu avec nous », c’est découvrir que nous sommes aimés, que nous ne sommes plus jamais seuls. Même aux heures d’épreuve et de nuit, Dieu lui-même est pour toujours à nos côtés. Que cela nous donne paix et espérance !
Dans la seconde lecture, saint Paul nous annonce précisément l’accomplissement de ce salut en Jésus. Il nous décrit toute la richesse du mystère déployé depuis sa naissance jusqu’à sa mort et sa résurrection. Lui-même a été choisi par le Christ pour être apôtre : sa mission a été d’annoncer le salut en Jésus Christ au milieu des nations païennes. Comme le prophète Isaïe, il a été confronté à l’incrédulité et à la persécution. Mais rien ni personne ne peut empêcher Dieu de vouloir sauver le monde. La fête de Noël nous rappelle que nous attendons la venue de celui qui unifiera en lui Dieu et l’homme. Ce temps de l’Avent nous est donné pour nous mettre en route vers Celui qui ne cesse de venir à nous.
Demandons à Marie et Joseph de nous obtenir la grâce d’être fidèles comme eux à l’imprévisible de l’Esprit Saint. Disons-nous aujourd’hui, pour nous-mêmes et pour l’Eglise : « Viens, Seigneur Jésus ».
