« Si votre justice ne surpasse pas celle des Pharisiens… »
Comment répondre à l’offre de salut de Dieu ? La liturgie de ce dimanche propose des pistes de réflexion. Parmi les diverses considérations que nous offrent les lectures, celle-ci se distingue : Dieu nous appelle à une destinée transcendante, à une vocation sublime, au bonheur parfait et éternel ; nous ne pouvons, par négligence, par complaisance ou par manque d’engagement, ignorer une proposition qui nous garantit la vie en plénitude.
Dans la deuxième lecture, Paul présente le projet salvifique de Dieu (ce qu’il appelle « la sagesse de Dieu » ou « le mystère »). C’est un projet que Dieu a préparé depuis toujours « pour ceux qui l’aiment », qui a été caché aux yeux des hommes, mais que Jésus-Christ a révélé par sa personne, ses paroles, ses gestes et, surtout, par sa mort sur la croix.
La première lecture rappelle cependant que l’homme est libre de choisir entre la proposition de Dieu (qui mène à la vie et au bonheur) et sa propre autosuffisance (qui mène presque toujours à la mort et à la disgrâce). Pour nous aider à choisir la vie, Dieu propose des “commandements” : ce sont les “signes” avec lesquels Dieu trace le chemin qui mène au salut. « Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle ».
L’Evangile complète la réflexion en proposant l’attitude de base qui nous permettra d’aborder ce chemin marqué par les “commandements” : il ne s’agit pas seulement de respecter des règles extérieures, dans le strict respect de la lettre de la loi ; mais il s’agit d’assumer une véritable attitude intérieure d’adhésion à Dieu et à ses propositions, qui correspondra alors à toutes les étapes de la vie.
Les disciples de Jésus sont invités à vivre dans la dynamique du “Royaume”, c’est-à-dire à accueillir avec joie et enthousiasme le plan du salut que Dieu a voulu offrir à l’humanité, et à marcher, dans un esprit d’adhésion totale, sans s’épuiser, sur le chemin qui mène à la vie en plénitude.
Observer un ensemble de règles externes ne garantit pas automatiquement le salut, ni l’accès à la vie éternelle ; mais l’accès à la vie pleine nécessite une adhésion totale (de l’esprit, du cœur, de la vie) aux propositions de Dieu.
"Ne tuez pas", selon Jésus, c’est éviter tout ce qui cause du tort à mon frère. Suis-je conscient que je puisse “tuer” par certaines attitudes d’égoïsme, d’arrogance, d’autoritarisme, d’injustice, d’indifférence, d’intolérance, de calomnie et aussi en utilisant un langage qui blesse les autres, qui détruit leur dignité, leur bien-être, leurs relations, leur paix ? Suis-je conscient que jouer avec la dignité de mon frère, l’offenser, inventer des moyens détournés pour le discréditer ou le démoraliser est un crime contre mon frère ? Suis-je conscient qu’ignorer la souffrance de quelqu’un, être indifférent à ceux qui ont besoin d’un geste de bonté, de miséricorde, de réconciliation, c’est tuer la vie ? Le pape François nous dit qu’on ne doit pas louer Dieu avec la même langue qui insulte notre frère. Cela ne se fait pas. Si nous voulons louer Dieu, nous devons tout faire pour nous mettre d’accord entre nous. Nous demandons au Seigneur qu’il nous aide à sortir de nos rancunes et de notre rigidité.
Nous ne pouvons jamais laisser les lois devenir absolues ou contribuer à asservir l’homme. Les lois, les “commandements” ne doivent être que des “signes” qui indiquent le chemin qui mène à la vie pleine ; mais ce qui est vraiment important, c’est l’être humain qui marche à travers l’histoire, avec ses défauts et ses échecs, vers le bonheur et la vie ultime.
« Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux ».
