JÉSUS VEUT OUVRIR NOS YEUX
Il y a un dicton qui dit que « le pire aveugle est celui qui ne veut pas voir », mais je dis que le pire aveugle est celui qui ne voit pas et croit voir.
Les lectures de ce dimanche proposent le thème de la « lumière ». Ils définissent l’expérience chrétienne comme « vivre dans la lumière ».
Pour Paul (dans la deuxième lecture), vivre dans « l’obscurité », c’est vivre en marge de Dieu, refuser ses propositions, vivre prisonnier des passions et des fausses valeurs, dans l’égoïsme et l’autosuffisance. Au contraire, vivre dans la « lumière », c’est accepter le don du salut que Dieu offre, accepter la nouvelle vie qu’il propose, choisir la liberté, pratiquer les œuvres de Dieu et devenir « un fils de Dieu ». Les chrétiens sont ceux qui ont choisi de vivre dans la "lumière".
Dans l’Évangile, Jésus se présente comme "la lumière du monde. Le texte d’aujourd’hui n’est pas une nouvelle sur la guérison d’un aveugle ; mais c’est une catéchèse, dans laquelle Jésus apparaît comme la "lumière" qui est venue éclairer la voie des hommes. Les « aveugles » dans cette histoire sont le symbole de tous les hommes et femmes qui vivent dans l’obscurité, privés de « lumière », prisonniers de ces chaînes qui les empêchent d’atteindre la plénitude de la vie.
L’Évangile de ce dimanche décrit plusieurs façons de répondre négativement à la "lumière" libératrice que Jésus offre. Il y a ceux qui sont résolument opposés à la proposition de Jésus car ils sont installés dans un mensonge, et la "lumière" de Jésus les dérange ; il y a ceux qui ont peur de faire face à la critique, qui se laissent manipuler par l’opinion dominante, et qui, par peur, préfèrent rester esclaves plutôt que de risquer d’être libres ; il y a ceux qui, bien qu’ils reconnaissent les avantages de la « lumière », laissent l’indifférence et l’inertie les piéger dans une vie d’esclave.
L’aveugle qui choisit la « lumière » et qui adhère inconditionnellement à Jésus et à sa proposition libératrice est le modèle qui nous est proposé. La Parole de Dieu nous invite, en ce temps de Carême, à un processus de renouvellement qui nous amène à quitter tout ce qui nous asservit, nous aliène, nous opprime - au final, tout ce qui empêche la "lumière" de Dieu de briller en nous, et cela empêche notre pleine réalisation. Pour que la célébration de la résurrection - le matin de Pâques - ait un sens, nous devons accomplir ce voyage de Carême et renaître, comme de nouveaux hommes, de nouvelles femmes, qui vivent dans la "lumière" et qui témoignent de la "lumière".
Recevoir la « lumière » que le Christ offre, c’est aussi allumer la « lumière » de l’espérance dans le monde. Si nous regardons le monde avec des yeux d’espoir, nous voyons qu’il y a non seulement l’obscurité ; nous voyons beaucoup de gens qui font de belles choses, qui luttent contre la misère, la souffrance, l’injustice, la maladie, le racisme, la violence … Nous, les croyants, sommes invités à regarder plus loin et à voir Dieu derrière chaque geste d’amour, de gentillesse, de courage et d’engagement à construire un monde meilleur. Notre Dieu continue de construire, jour après jour, l’histoire du salut ; et appelle les hommes et les femmes à collaborer avec lui au salut du monde.
Vivre le Carême, c’est accueillir cette lumière qui vient de Jésus. Cette lumière c’est celle de la foi. Elle nous aide à voir les personnes et les événements avec le regard de Dieu. Comme l’aveugle guéri, nous deviendrons des témoins du Christ.
Homélie du dimanche 15 mars

23 mars 2026