JÉSUS NOUS DONNE UNE VIE RESSUSCITÉE
En ce 5e dimanche de Carême, la liturgie nous assure que le projet de Dieu est la communication d’une vie qui dépasse définitivement la vie biologique : c’est la vie définitive qui vainc la mort.
Dans la première lecture, Dieu offre une nouvelle vie à son peuple exilé, désespéré et sans avenir (condamné à mort). Cette vie vient de l’Esprit, qui va recréer le cœur du Peuple et l’insérer dans une dynamique d’obéissance à Dieu et d’amour pour ses frères.
L’Évangile selon Jean cherche à présenter Jésus comme le Messie, Fils de Dieu, envoyé par le Père pour créer un Être Humain Nouveau.
Le passage d’aujourd’hui nous présente une profonde amitié entre Jésus et une famille de Béthanie (Marthe, Marie et Lazare). Un fait bouleverse la vie de cette famille : un frère (Lazare) est gravement malade. Les « sœurs » manifestent leur intérêt, leur sollicitude et leur solidarité avec le « frère » malade, et informent Jésus.
La relation de Jésus avec Lazare est une relation d’affection et d’amitié ; mais Jésus ne va pas tout de suite à sa rencontre ; il semble même être délibérément en retard. Par sa passivité, Jésus laisse consommer la mort physique de « l’ami ».
Au bout de deux jours, Jésus décide de se rendre en Judée pour rencontrer « l’ami ». En arrivant à Béthanie, Jésus trouva son « ami » enterré depuis quatre jours. Selon la mentalité juive, la mort était considérée comme définitive à partir du troisième jour. Lorsque Jésus arrive, Lazare est donc bien mort. Jésus pleure. Ce ne sont pas des pleurs bruyantes, mais sereines… Jésus montre ainsi son affection pour Lazare, son désir ardent pour son ami absent. Il – comme nous – ressent de la douleur face à la mort physique d’un être cher ; mais sa douleur n’est pas le désespoir.
Jésus arrive au tombeau de Lazare. L’entrée de la grotte où Lazare est enterré est fermée par une pierre (comme c’était la coutume chez les Juifs). La pierre est, ici, un symbole de la finalité de la mort. Il sépare le monde des vivants du monde des morts, coupant tout lien entre l’un et l’autre.
Mais Jésus ordonne d’enlever cette « pierre » : pour les croyants, il ne s’agit pas de deux réalités sans rapport. Jésus, en offrant la pleine vie, brise les barrières créées par la mort physique. La mort physique ne retire pas l’homme de la vie.
L’action de donner la vie à Lazare représente l’accomplissement de la mission que le Père a confiée à Jésus : donner la vie pleine et définitive à l’être humain.
La famille de Bethany représente la communauté chrétienne, composée de frères et sœurs. Ils connaissent tous Jésus, sont amis de Jésus, accueillent Jésus dans leur maison et dans leur vie. Cette famille connaît également la mort physique. Comment devons-nous y faire face ? Avec le désespoir de quelqu’un qui pense que tout est fini ? Non. Être un ami de Jésus, c’est savoir qu’il est la résurrection et la vie et qu’il donne à son peuple la vie en plénitude, en tout temps. Il n’évite pas la mort physique ; mais la mort physique n’est, pour ceux qui ont adhéré à Jésus, que le passage à la vie vraie et définitive.
La question centrale de l’Evangile de ce dimanche (et qui est une question décisive pour notre existence de croyants) est l’affirmation qu’il n’y a pas de mort pour les « amis » de Jésus. On peut pleurer la perte d’un frère, mais il faut savoir qu’en quittant ce monde, il trouva la vie en plénitude, dans la gloire de Dieu.
La deuxième lecture rappelle aux chrétiens que, le jour de leur baptême, ils ont choisi le Christ et la nouvelle vie qu’il est venu offrir. Elle les invite donc à être cohérents avec ce choix, à faire les œuvres de Dieu et à vivre « selon l’Esprit ». Paul parle de deux manières de vivre antagonistes : la vie selon la chair et la vie selon l’Esprit. « Vivre selon la chair » signifie une vie menée en dehors de Dieu : « l’homme charnel » est l’homme de l’égoïsme et de l’autosuffisance, dont les valeurs sont la jalousie, la haine, l’ambition, l’envie, la débauche. ; « vivre selon l’Esprit » signifie, selon Paul, une vie vécue dans l’orbite de Dieu, guidée par les valeurs de charité, de joie, de paix, de fidélité et de tempérance.
Si nous acceptons de vivre selon l’Esprit, nous vivrons pour toujours, en profonde amitié avec Jésus, comme Lazare.
Homélie du dimanche 22 mars

23 mars 2026