« Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie »
On dit que tous les chemins sont tracés par les hommes, mais que tous ne mènent pas au bonheur. Tous les chemins mènent à leur fin, mais tous ne mènent pas à la vérité. Il y a les chemins que les hommes créent, mais il y a le chemin que Dieu leur a donné. Le choix nous appartient.
Dans l’Evangile d’aujourd’hui, Jésus dit à ses disciples : "Je suis le chemin, la vérité et la vie. Personne ne va vers le Père sans passer par moi". L’atmosphère dans laquelle nous place ce passage est celle d’un souper d’adieu. A ce souper (tenu le jeudi soir, peu avant l’arrestation, à la veille de sa mort), Jésus et les disciples sont présents. Pendant le souper, Jésus prend congé des disciples et leur donne ses dernières recommandations. Les paroles de Jésus sonnent comme un « testament » final : Il sait qu’il va aller au Père et que les disciples vont rester dans ce monde.
Les disciples, pour leur part, ont déjà compris que l’ambiance est à l’adieu et que, dans quelques heures, leur « maître » leur sera enlevé. Ils sont agités et inquiets. L’aventure qu’ils ont commencée avec Jésus en Galilée arrivera-t-elle à son terme ? Cette relation qu’ils ont construite avec le « maître » va-t-elle mourir ? Les disciples ne savent pas ce qui va se passer ni quel chemin ils prendront à partir de là. Surtout, ils ne savent pas comment, après le départ de Jésus, ils maintiendront leur relation avec Lui et avec le Père.
C’est dans ce contexte que nous pouvons situer les paroles de Jésus que nous présente l’Evangile d’aujourd’hui : « Que votre cœur ne se trouble pas » ; "Je suis le chemin, la vérité et la vie". Fondamentalement, c’est une catéchèse sur « le chemin » : le « chemin » que Jésus a parcouru et qui est le même « chemin » que les disciples sont invités à parcourir.
Le plan de salut de Dieu consiste à établir une relation de communion, de familiarité et d’amour avec l’humanité. C’est pourquoi Jésus est venu dans le monde : pour faire des hommes « enfants de Dieu ». Comment Jésus a-t-il concrétisé ce projet ? Il a « planté sa tente parmi les hommes » et nous a offert un « chemin » de vie en plénitude : il nous a montré, en sa propre personne, comment nous pouvons être des Hommes Nouveaux et des Femmes Nouvelles, c’est-à-dire des hommes et des femmes qui vivent dans l’obéissance totale aux projets du Père et dans l’amour de leurs frères et sœurs. Vivre ainsi, c’est vivre dans une dynamique divine, entrer dans l’intimité du Père, devenir « fils de Dieu ».
En disant « Je vais vous préparer une place », Jésus suggère qu’il doit aller à la rencontre du Père, afin que les gens puissent (par la leçon d’amour et le don de l’Esprit) faire partie de la famille de Dieu. Dans cette famille, il y a de la place pour tout le monde ("dans la maison de mon Père il y a de nombreuses demeures") : il suffit qu’ils suivent "le chemin" de Jésus. La « maison du Père » est la communauté des disciples de Jésus. Jésus est toujours prêt à nous accueillir. Il est l’autre rive de notre vie : Son chemin est celui de la Bienveillance, de la Simplicité, de la Fraternité…
Nous vivons attachés à la poussière du sol, souffrant de guerres, de catastrophes, de violences, de mauvais choix politiques… et écouter Jésus, c’est sentir qu’un souffle de sérénité, de vie et d’amour nous arrive. Les Paroles de Jésus ont la densité de l’éternité. Au bout du chemin, nous entrons dans la « Maison de Dieu », entre les mains de Jésus, où il y a de la place pour tout le monde.
La première lecture nous présente quelques traits qui caractérisent la « famille de Dieu » (l’Église) : c’est une communauté sainte, bien que formée d’hommes pécheurs ; c’est une communauté hiérarchisée, mais où le service de l’autorité s’exerce dans le dialogue avec les frères et sœurs ; c’est une communauté de serviteurs, qui reçoivent des dons de Dieu et qui mettent ces dons au service de leurs frères et sœurs ; et c’est une communauté animée par l’Esprit, qui vit par l’Esprit et qui reçoit de l’Esprit la force de témoigner de Jésus dans l’histoire.
La deuxième lecture fait également référence à l’Église : Saint Pierre l’appelle le « temple spirituel », dont le Christ est la « pierre angulaire » et les chrétiens « les pierres vivantes ». Cette Église est formée par un « peuple sacerdotal », dont la mission est d’offrir un vrai culte à Dieu : une vie vécue dans l’obéissance aux desseins du Père et dans l’amour inconditionnel pour les frères et sœurs.
« Seigneur, Montre-nous le Père ! »
