« Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson »
Dans la liturgie d’aujourd’hui, nous sommes invités à découvrir le Dieu patient et plein de miséricorde, qui ne s’intéresse pas à la marginalisation des pécheurs, mais à leur intégration dans la communauté du « Royaume ».
Le Livre de la Sagesse (première lecture) nous parle d’un Dieu qui, malgré sa force et sa toute-puissance, est indulgent et miséricordieux envers les êtres humains, même lorsqu’ils font le mal. En agissant ainsi, Dieu invite ses enfants à être « humains », c’est-à-dire à avoir un cœur aussi miséricordieux et aussi indulgent que le cœur de Dieu.
Dans l’Évangile nous continuons en contact avec les « paraboles du Royaume ». Nous avons déjà vu, dimanche dernier, pourquoi Jésus a prêché en « paraboles » : parce que le langage parabolique est un langage riche, expressif, interrogateur ; car la « parabole » fait réfléchir et incite à rechercher la vérité. Pour toutes ces raisons, les « paraboles » sont un langage privilégié pour présenter le Royaume, inciter les gens à découvrir le Royaume et les amener à adhérer au Royaume.
Dans les paraboles d’aujourd’hui, nous avons une leçon très suggestive sur l’attitude de Dieu envers le mal et ceux qui font le mal. Jésus nous assure que les plans de Dieu ne prévoient pas la destruction du pécheur, la ségrégation des méchants, l’exclusion des coupables. Le Dieu de Jésus-Christ est un Dieu d’amour et de miséricorde, pas pressé de punir, qui donne à l’homme « tout le temps du monde » pour grandir, découvrir le don de Dieu, et faire des choix. Ne perdons jamais de vue la « patience » de Dieu avec les pécheurs : peut-être éviterons-nous d’avoir à porter des sentiments de culpabilité qui oppriment et aigrissent notre bref voyage sur cette terre.
La « patience de Dieu » avec les mauvaises herbes nous invite aussi à rejeter les attitudes de rigidité, d’intolérance, d’incompréhension, de vengeance, dans nos relations avec nos frères et sœurs. Le "seigneur" de la parabole n’accepte pas l’intolérance, l’impatience, le radicalisme des "serviteurs" qui entendent "couper le mal par les racines". Parfois nous sommes trop prompts à juger et à condamner, comme si les choses étaient claires et que tout était noir sur blanc, sans discussion… La Parole de Dieu nous invite à modérer notre dureté, notre intolérance, notre intransigeance et notre regard enver nos frères (avec leurs défauts, différences, comportements religieusement ou socialement incorrects), avec le regard bienveillant, compréhensif et patient de Dieu.
Il faut toujours garder à l’esprit ceci : il n’y a pas d’un côté le mal chimiquement pur, et de l’autre le bien chimiquement pur… Le mal et le bien se mélangent dans le monde, dans la vie et dans le cœur de chacun. Diviser les nations en bons et mauvais, les groupes sociaux, les individus en bons et mauvais… est une attitude simpliste qui nous conduit souvent à adopter des attitudes injustes génératrices d’exclusion, de marginalisation, de souffrance et de mort. Sachons regarder le monde, les groupes, les personnes sans préjugés, avec la même bienveillance, compréhension et tolérance que Dieu montre à chaque homme et à chaque femme, quels que soient leurs choix et le rythme de leur cheminement.
La deuxième lecture souligne, d’une manière différente, la bonté et la miséricorde de Dieu. Elle affirme que l’Esprit Saint – don de Dieu – vient au secours de notre fragilité, nous guidant sur le chemin de la plénitude de vie. Il faut cependant de la disponibilité pour l’accueillir et de l’attention aux signes par lesquels il nous conduit à rencontrer Dieu.
Le rythme de la vie moderne est vertigineux… Les exigences professionnelles, les problèmes familiaux, l’enfer de la circulation, la nécessité de gagner notre vie, nous jettent de course en course, toujours occupés, toujours fatigués, toujours chargés de stress, prisonniers d’une machine qui nous déshumanise et nous empêche de focaliser notre attention sur l’essentiel, de repenser nos valeurs et nos priorités. Il faut cependant trouver du temps et de l’espace pour réfléchir, redéfinir le sens de notre existence, comprendre si nous menons notre vie « selon la chair » ou « selon l’Esprit ».
Frères et sœurs, lorsque nous reconnaissons que nous avons tous du blé et de l’ivraie en nous, alors nous sommes dans la vérité, et cette vérité nous rendra libres.
Seigneur, apprends-nous à te suive sur le chemin de l’accueil et de la tolérance.
Homélie du dimanche 19 juillet

22 juillet 2026